DPC infirmier : organiser sa formation continue plus sereinement

Le développement professionnel continu, ou DPC, désigne le dispositif légal qui impose à chaque infirmier de suivre au moins deux actions de formation sur une période de trois ans. Cette obligation, encadrée par l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC), couvre aussi bien la formation cognitive que l’évaluation des pratiques professionnelles. Organiser ce parcours sans stress suppose de comprendre quelques mécanismes précis, du calendrier réglementaire au financement, en passant par le choix des thématiques.

Prorogation des orientations DPC jusqu’en 2027 : un calendrier plus lisible pour les IDEL

La transition annoncée vers la certification périodique et la dissolution programmée de l’ANDPC en 2027 ont généré une certaine confusion. Beaucoup d’infirmiers libéraux se demandent si les formations engagées aujourd’hui seront encore reconnues demain.

Un arrêté du 3 juin 2026 a clarifié la situation : les orientations nationales prioritaires de DPC sont prorogées jusqu’au 31 décembre 2027. Les organismes de formation peuvent continuer à déposer des actions sur ces orientations, et les inscriptions réalisées depuis janvier 2026 restent comptabilisées normalement.

Pour un infirmier libéral, cette prorogation change la donne en matière d’organisation. Planifier une montée en compétences sur deux à trois ans devient possible sans craindre un changement brutal des thèmes éligibles. Autrement dit, attendre la dernière minute du cycle triennal n’a plus de justification réglementaire.

En parallèle, le DPC infirmier reste financé selon les mêmes modalités pendant toute la période de transition. L’ANDPC continue d’assurer la prise en charge des actions et le versement des indemnisations aux professionnels inscrits.

Cycle triennal et actions DPC : ce que la réglementation attend concrètement

Le cycle triennal constitue la brique de base du dispositif. Sur trois ans, chaque infirmier doit valider au moins deux actions de DPC de nature différente. Trois catégories existent :

  • La formation continue classique, qui vise l’acquisition ou l’actualisation de connaissances (pathologies, protocoles, pharmacologie).
  • L’évaluation des pratiques professionnelles (EPP), qui consiste à analyser sa propre activité à partir de référentiels validés par la Haute Autorité de santé.
  • La gestion des risques, centrée sur la sécurité des soins et la prévention des événements indésirables.

Combiner une formation cognitive avec une EPP suffit à remplir l’obligation. Le suivi se fait exclusivement via la plateforme MonDPC, où chaque action validée apparaît dans le parcours du professionnel.

Infirmier en hôpital consultant son planning de formation continue DPC sur un clipboard dans une salle de pause médicale

Au-delà de la contrainte réglementaire, un parcours DPC à jour renforce aussi la crédibilité professionnelle face aux patients et aux partenaires de soins.

Financement DPC et indemnisation : deux mécanismes à distinguer

La question financière freine souvent les infirmiers libéraux dans leur démarche de formation. Le dispositif prévoit deux flux distincts qu’il faut bien séparer.

Le premier est la prise en charge intégrale du coût pédagogique par l’ANDPC pour toute formation éligible. L’infirmier ne débourse rien pour s’inscrire à une action DPC référencée sur MonDPC.

Le second flux concerne l’indemnisation du temps de formation. L’ANDPC verse une compensation pour chaque heure suivie, dont le montant varie selon le format (présentiel, e-learning, mixte). Cette indemnisation vise à compenser la perte d’activité pendant la formation.

Pour les formations qui ne relèvent pas du DPC, le FIF-PL (Fonds interprofessionnel de formation des professions libérales) constitue un relais de financement. Attention : une formation financée par le FIF-PL ne valide pas l’obligation DPC. Les deux dispositifs coexistent mais ne se substituent pas l’un à l’autre. Confondre les deux reste l’une des erreurs les plus fréquentes chez les IDEL.

Formations DPC pour infirmiers : le catalogue Kampus

Kampus propose un catalogue de formations DPC intégralement prises en charge par l’ANDPC. Les programmes couvrent des thématiques directement liées à la pratique quotidienne des IDEL : bilan de soins infirmiers, plaies et cicatrisation, insuffisance cardiaque, récupération rapide après chirurgie ou encore cancer du sein.

Chaque module intègre des cas pratiques et des simulations conçus par des professionnels de santé expérimentés. Les contenus sont régulièrement mis à jour pour suivre l’évolution des référentiels, ce qui permet aux infirmiers libéraux de se former sans avance de frais tout en répondant aux exigences du cycle triennal.

Choisir ses actions DPC : critères concrets pour ne pas se tromper

Face à l’abondance de l’offre, sélectionner les bonnes formations mérite quelques repères. Le premier critère reste l’alignement avec les orientations nationales prioritaires publiées par le ministère de la Santé. Une formation hors de ces orientations ne sera pas prise en charge par l’ANDPC.

Le deuxième critère porte sur le format. L’e-learning offre une souplesse d’organisation appréciable pour les IDEL aux plannings chargés. Le présentiel favorise les échanges entre pairs et les mises en situation. Le format mixte combine les deux avantages.

  • Vérifier que l’organisme est bien référencé sur MonDPC avant toute inscription.
  • Privilégier les programmes incluant une composante d’évaluation des pratiques, pour cocher deux obligations en une seule action.
  • Répartir les formations sur l’ensemble du cycle triennal plutôt que de tout concentrer sur la dernière année.

Étaler ses actions sur trois ans réduit la pression logistique et permet d’intégrer progressivement les acquis dans sa pratique de soins. Cette anticipation transforme une contrainte administrative en véritable levier de progression professionnelle.

La période 2026-2027 constitue un moment charnière avec la transition vers la certification périodique. Les formations validées maintenant resteront comptabilisées dans le futur dispositif, selon les garanties ministérielles actuelles. Rien ne justifie donc de repousser ses inscriptions.