Un médecin généraliste libéral travaille en moyenne 46 heures par semaine selon la DREES. Le nombre moyen de jours d’exercice libéral est passé de 222 en 2021 à 205 en 2025. Entre 2017 et 2021, le revenu d’activité des médecins a progressé de 0,6 % par an en euros constants.
Ces données comptables changent la lecture du choix entre salariat et exercice libéral. Elles obligent à comparer non pas des montants bruts, mais des revenus rapportés au temps réellement travaillé et à la charge administrative supportée.
Revenu horaire net : le comparatif que la fiche de paie ne montre pas
La comparaison classique entre un salaire hospitalier et des honoraires libéraux repose sur des totaux annuels. Cette approche masque un écart de temps de travail réel que seule une comptabilité analytique permet de neutraliser.
| Critère | Médecin salarié | Médecin libéral (BNC) |
|---|---|---|
| Rémunération | Salaire net mensuel fixe | Recettes variables, après déduction des charges |
| Temps administratif | Pris en charge par l’employeur | À intégrer dans le temps de travail total |
| Cotisations sociales | Prélevées par l’employeur | Calculées et réglées par le praticien (URSSAF, CARMF) |
| Congés payés | Oui (environ 5 semaines) | Non rémunérés, à provisionner |
| Protection sociale | Régime général (maladie, chômage) | Régime des indépendants, pas d’assurance chômage |
| Déduction de frais professionnels | Forfaitaire ou frais réels limités | Frais réels déductibles du BNC (loyer, matériel, véhicule) |
Le tableau met en évidence un point que les recettes brutes libérales ne reflètent pas : le temps non médical représente une part significative de l’activité libérale. Gestion du cabinet, déclarations, relances, trésorerie – autant d’heures non facturées qui diminuent le revenu horaire effectif.
Pour rendre la comparaison exploitable, un expert comptable peut reconstituer un revenu horaire net en divisant le bénéfice après charges par le volume total d’heures (consultations plus administration). Ce calcul révèle parfois qu’un poste salarié à temps plein génère un revenu horaire comparable à celui d’un libéral dont les recettes annuelles semblent plus élevées.
La démarche de trouver un expert comptable pour un médecin libéral prend ici tout son sens : sans cette reconstitution chiffrée, le praticien compare des grandeurs qui ne mesurent pas la même chose.

Prévisionnel libéral : tester plusieurs hypothèses de rythme d’exercice
Un prévisionnel comptable classique projette les recettes d’une année antérieure sur les exercices suivants. Pour un médecin qui envisage le passage en libéral, cette méthode comporte un biais. Le nombre de jours d’exercice libéral moyen a reculé de 222 à 205 entre 2021 et 2025 selon les données du panel DREES. Reconduire mécaniquement un volume d’activité passé surestime les recettes futures.
Un prévisionnel fiable intègre au minimum trois scénarios :
- Un scénario bas, calé sur le rythme d’exercice constaté en 2025, avec une marge de sécurité sur les charges fixes du cabinet (loyer, assurance, logiciel de gestion).
- Un scénario médian, fondé sur le nombre de jours que le praticien prévoit réellement de travailler, en tenant compte de la formation continue, des congés non rémunérés et de l’administratif.
- Un scénario haut, qui suppose un volume d’activité soutenu mais inclut les cotisations sociales majorées et la pression fiscale liée à un BNC plus élevé.
Chaque scénario doit aboutir à un bénéfice net après cotisations, impôt sur le revenu et provision pour congés. C’est ce montant, divisé par le temps total, qui se compare au salaire net du poste salarié envisagé.
Choix du statut juridique : BNC, SELARL et impact sur la décision
Le régime BNC en déclaration contrôlée reste le cadre par défaut d’un médecin libéral exerçant seul. Les charges sont déduites au réel, et le bénéfice intègre directement le revenu imposable du foyer fiscal. Ce mécanisme a une conséquence directe sur le choix salariat ou libéral : toute augmentation de recettes libérales se traduit par une hausse immédiate de l’impôt sur le revenu.
La SELARL (société d’exercice libéral à responsabilité limitée) permet de dissocier la rémunération du praticien du résultat de la société. Le médecin se verse un salaire et peut laisser une partie du bénéfice dans la structure, soumise à l’impôt sur les sociétés. Cette option modifie la comparaison avec le salariat de deux manières.
D’abord, elle lisse la pression fiscale les bonnes années. Ensuite, elle ouvre la possibilité de constituer une trésorerie de société pour financer du matériel ou préparer une cessation d’activité. En revanche, la SELARL génère des obligations comptables plus lourdes (bilan, assemblée générale, déclarations spécifiques) et des frais de gestion récurrents.
La comptabilité intervient ici comme outil de simulation : en projetant le même niveau de recettes dans les deux structures (BNC et SELARL), on obtient deux revenus nets distincts. La différence oriente le choix du statut, qui lui-même influence la pertinence du passage en libéral.
Cotisations sociales et protection : ce que la comptabilité rend visible
Un médecin salarié cotise au régime général. Maladie, retraite de base, retraite complémentaire, prévoyance, assurance chômage : tout est intégré dans le bulletin de paie sans arbitrage personnel. Le libéral, lui, relève de la CARMF pour la retraite et de l’URSSAF pour les cotisations maladie et allocations familiales.
La comptabilité permet de quantifier l’écart de protection à recettes équivalentes. Le libéral ne cotise pas à l’assurance chômage. Sa couverture prévoyance et sa complémentaire santé sont facultatives et payées sur le bénéfice. Chiffrer le coût d’une protection sociale équivalente au régime salarié modifie le solde net en faveur ou en défaveur du libéral, selon le profil du praticien (âge, situation familiale, état de santé).

Ce travail de chiffrage suppose un tableau de charges sociales complet, mis à jour chaque année. Il ne s’agit pas d’un exercice ponctuel : les taux URSSAF et les paramètres CARMF évoluent, et un décalage de cotisations provisionnelles peut créer un appel de régularisation déstabilisant pour la trésorerie d’un cabinet en début d’activité.
Un accompagnement comptable structuré pour les professions de santé
Disposer d’un interlocuteur comptable familier des spécificités médicales change la qualité de l’analyse pour les médecins qui abordent cette réflexion. Figital Expertise, cabinet d’expertise comptable installé dans le 17e arrondissement de Paris, accompagne les professions libérales de santé avec un expert-comptable dédié par client.
Le cabinet couvre la tenue comptable, la gestion fiscale et sociale, et met à disposition une plateforme collaborative sécurisée pour accéder aux tableaux de bord en temps réel. Cette approche sectorisée, appuyée par plus de 25 ans d’expérience cumulée des associés, permet de produire les simulations comparatives (BNC, SELARL, prévisionnel multi-scénarios) sur lesquelles repose une décision éclairée entre salariat et exercice libéral.
La progression de 0,6 % par an en euros constants des revenus médicaux entre 2017 et 2021 rappelle que le passage en libéral n’est pas, en soi, synonyme de hausse de pouvoir d’achat. La comptabilité transforme une intuition en projection chiffrée.
Un médecin qui hésite gagne à poser les trois scénarios de rythme d’exercice, à comparer les revenus horaires nets et à intégrer le coût réel de la protection sociale avant de prendre sa décision.

